Au nom d’Allah, l’infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Le mois de Rajab
Mérites ;
Mise en garde contre les innovations
Louange à Allah ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !
Louange à Allah qui dit : « Ton Seigneur crée ce qu'Il veut et Il choisit… » al Qassas ; Le récit ; 68 ; Le choix c’est la sélection et la désignation qui prouvent Sa Seigneurie, Son Unicité, Sa Sagesse, Son Savoir et Sa Volonté Exalté-soit-Il.
D’ailleurs Allah a choisi quatre mois de l’année pour les rendre sacrés,
Allah dit : « Les mois auprès d’Allah sont au nombre de douze dans le Livre d’Allah, le jour où Il a créé les cieux et la terre ; quatre d’entre eux sont sacrés. Telle est la religion droite, alors ne soyez pas injustes envers vous-mêmes durant ces mois. » at-Tawbah ; Le repentir ; 36
Contrairement au calendrier des mécréants, l’année musulmane se calcule selon les différentes positions de la lune et non selon la rotation du soleil.
Les mois sacrés ont été évoqués dans le verset sans désignation, cependant le Prophète (que la bénédiction d’Allah et Sa paix soient sur lui) nous a informé au sujet de ces quatre mois sacrés et les a désigné : Dhû el Qi’da, Dhû el Hidja,Muharram, et Rajab.
D’après el Bukhârî et Muslim, selon Abû Bakrah, le prophète (que la bénédiction d’Allah et Sa paix soient sur lui) a fait un sermon lors du Pèlerinage de l’Adieu au cours duquel il a déclaré : « Le temps a fait un tour pour revenir comme le jour où Allah a créé les cieux et la terre ; une année correspond à douze mois parmi lesquels quatre sont sacrés. Trois d’entre eux se succèdent : Dhû el Qi’da, Dhû el Hidja, et Muharram. Le dernier est Rajab de (la tribu) Mudhar, celui qui se trouve entre Jumâdâ et Sha’bân, etc. » Rapporté par el Bukhârî (1741) et Muslim (1679)
A noter que les Uléma diffèrent quant à la désignation du meilleur d’entre ces 4 mois.
Aperçu historique :
Les Arabes de l’ère païenne ont transformé les lois d’Ibrahim, avec la pratique du Nasî qu’ils ont innovée. Elle consiste à augmenter l’année en lui intercalant pour différentes raisons, un mois de plus. Ils ont ainsi déréglé les saisons du pèlerinage et les mois sacrés. Ainsi, le Hadj tombait parfois en Muharram et d’autres fois en Safar pour revenir (tous les vingt ans) en Dhû el Hidja.
Allah Le Très-Haut dit concernant cette pratique : « Le report d'un mois sacré à un autre est un surcroît de mécréance. Par là, les mécréants sont égarés: une année, ils le font profane, et une année, ils le font sacré, afin d'ajuster le nombre de mois qu'Allah a fait sacrés. Ainsi rendent-ils profane ce qu'Allah a fait sacré. Leurs méfaits leurs sont enjolivés. Et Allah ne guide pas les gens mécréants. » at-Tawbah ; Le repentir ; 37
Ces pratiques ont duré jusqu’à l’avènement de Mohammed (que la bénédiction d’Allah et Sa paix soient sur lui) par l’intermédiaire duquel Allah rectifia la religion d’Ibrahim. Le Pèlerinage de l’Adieu en effet correspondit à Dhû el Hidja ; cette année-là, le temps a repris son cours initial. Voir : Majmû’ el Fatâwâ de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (25/140-141)
Rajab fut aussi appelé Mudhar. Étant donné que Mudhar ne procédait pas à son report et le préservait à son temps exact. Selon une autre hypothèse, cette tribu consacrait une plus grande importance à ce mois et l’a rendu sacré ; elle se distinguait ainsi de Rabî’a pour qui le mois de Ramadhan était sacré. .
Certains savants ont recensé quatorze appellations différentes de Rajab qui sont : le mois d’Allah, Rajab, Rajab Mudhar, Munsil, el Asam, elAsab, Munaffis, Mutahhir,Mu’allâ, Muqîm, Harim, Muqashqish, Mubarrî, et Fard. D’autres savants en ont ajouté trois pour en faire un total de dix-sept ; ils sont :Rajam, Munsil el Âla, et Munzi’ el Asinna.
De nombreuses lois datant de l’ère païenne sont liées aux mois sacrés et notamment au mois de Rajab, tel que l’interdiction d’y faire la guerre, el ‘Atîra….
Les savants diffèrent sur la question de savoir si ces lois prévalaient encore après l’avènement de l’islam.
Rajab est un mois sacré
Les mois sacrés sont privilégiés en islam, y compris le mois de Rajab ;
Allah dit : « Ô les croyants! Ne profanez ni les rites du pèlerinage (dans les endroits sacrés) d'Allah, ni le mois sacré » al mê’idah ; Le plateau servi ; 2 et Il dit :« Les mois auprès d’Allah sont au nombre de douze dans le Livre d’Allah, le jour où Il a créé les cieux et la terre ; quatre d’entre eux sont sacrés. Telle est la religion droite, alors ne soyez pas injustes envers vous-mêmes durant ces mois.[Durant ces 4mois sacrés selon l’exégèse d’ibn Jarir at-Tabari] » at-Tawbah ; Le repentir ; 36
Il incombe donc à tout musulman de leurs vouer une considération particulière. Ainsi, il est plus grave de commettre des péchés au cours de ces différentes périodes. En parallèle, les bonnes œuvres y sont plus méritoires et bénéficient d’une meilleure récompense.
L’interdiction d’y verser le sang
L’interdiction de verser le sang au cours de ces périodes est un principe qui était bien connu par les païens de la péninsule, il remonterait même à l’époque d’Ibrahim. Les savants diffèrent sur la question de savoir si cette interdiction prévale après l’avènement de l’islam, la plupart d’eux soulèvent l’avis que cette interdiction ait été abrogée.
el ‘Atîra
Les païens avaient l’habitude de sacrifier une bête à l’occasion du mois de Rajab qu’ils appelaient el ‘Atîra. La plupart des savants affirment que l’Islam a annulé une telle pratique. Ils s’inspirent pour appuyer leur opinion du Hadith qu’el Bukhârî et Muslim s’accordent à rapporter, selon lequel le Prophète (sur lui la paix) a dit d’après Abû Huraïra : « Il n’y a pas dans l’Islam de Fara’ (sacrifice d’un chameau voué aux idoles ndt.) ni de ‘Atîra. » Rapporté par el Bukhârî (5473, 5474), et Muslim (1976)
Mise en garde contre les innovations :
Certains s’adonnent, pendant ce mois sacré, à des pratiques innovées qui ne reposent sur aucun fondement religieux du Coran et de la Sunna du Prophète (que la bénédiction d’Allah et Sa paix soient sur lui). Il s’avère donc nécessaire de mettre en garde contre ces pratiques afin de les éviter :
· Le jeûne
Aucun texte venant du Prophète (que la bénédiction d’Allah et Sa paix soient sur lui) ou de ses Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) n’affirme qu’il y ait un certain mérite à jeûner spécialement au cours du mois de Rajab. Tous les Hadiths à ce sujet sont faibles, ils sont même inventés. C’est pourquoi, les gens de science ne s’appuient sur aucun d’eux. On ne peut même pas les utiliser dans le domaine des Fadhâil (pour encourager à faire des bonnes œuvres), puisque la plupart sont purement inventés.
Quoi qu’il en soit, certains Compagnons à l’instar d’ibn ‘Abbâs, d’ibn ‘Omar, et d’Anas ibn Mâlik déconseillaient de jeûner pendant tout le mois de Rajab. ‘Omar ibn el Khattâb allait jusqu’à frapper sur les mains des gens pour les forcer à manger. Il leur disait de ne pas faire comme le Ramadhan. L’Imam e-Shâfi’î pour sa part n’approuvait pas que l’on fasse un mois de jeûne en entier en dehors duRamadhan. Il s’est inspiré pour asseoir son opinion sur les paroles de ‘Âisha, selon lesquelles le Messager d’Allah (sur lui la paix) ne s’est jamais voué un mois entier au jeûne en dehors du Ramadhan. Rapporté par Muslim (1156)Il leur disait de ne pas faire comme le Ramadhan. De manière générale, le Prophète a encouragé à jeûner durant les mois sacrés, sans toutefois offrir à Rajab un statut particulier. Au demeurant, venant juste avant le mois du Jeûne, Sha’bân est le mois au cours duquel le Prophète s’adonnait le plus au jeûne surérogatoire, sans toutefois y avoir jeûné tous les jours. Majmû’ el Fatâwâ (25/290-291)
Ibn Hajar a dit : « il n’y a pas de hadiths authentiques qui peuvent être présentés comme preuves, à propos du mérite du mois de Rajab, de son jeûne, ou de la prière de nuits que font certains musulmans pendant ce mois »
Il rajoute : « Tous les hadiths rapportés au sujet du mérite de Rajab sont : soit faibles, soit (Tabyine al ajab fima warada fi fadli rajab page 6 et 
Ibn Taymiyah a dit : « Les hadiths parlant du mérite de jeûne de quelques jours en mois de Rajab sont tous infondés, à l’unanimité des oulémas. Et le prophète ne les a jamais prononcé »
· La ‘Umra
Quant à la ‘Umra, ‘Âisha a démenti les paroles d’ibn ‘Omar (qu'Allah l'agrée) disant que le Prophète (sur lui la paix) a fait la ‘Umra au mois de Rajab, bien qu’elle-même le faisait. Ibn ‘Omar semble l’avoir dit par erreur ou par oubli.
Les hadiths prouvent que le prophète n’a jamais fait une ‘Umra pendant le mois de Rajab. Cependant rien n’empêche de faire la ‘Umra pendant ce mois si ce n’est qu’en ce moment que sont réunis les moyens favorables pour le faire sans pour autant privilégier Rajab de la ‘Umra de manière fréquente et périodique et sans croire qu’un tel acte ait un mérite particulier par crainte de tomber dans l’innovation prohibée.
· Salat e-Raghâib
Sheïkh el islam ibn Taïmiya a dit : « Salat e-Raghâib est une innovation à l’unanimité des grandes références de la religion. Le Prophète ne l’a pas faite ni aucun de ses successeurs ; aucune grande référence de la religion n’a recommandé cette pratique à l’exemple de Mâlik, e-Shâfi’î, Ahmed, Abû Hanîfa, e-Thawrî, el Awzâ’î, e-Laïth, etc. Le texte rapporté à ce sujet est un Hadith inventé à l’unanimité des spécialistes en la matière. Il en est de même pour la prière que l’on consacre la nuit du premier vendredi de Rajab, celle de Laïla el Mi’râj (la nuit de l’Ascension), l’Alfiya au milieu du mois de Sha’bân, la prière du dimanche, celle du lundi, et d’autres jours de la semaine. Bien que certains auteurs de Raqâiq (ouvrages touchant à la sensibilité des fidèles ndt.) aient mentionné ces textes, il n’y a aucun désaccord entre les spécialistes du Hadith pour dire qu’ils sont purement inventés, en sachant également qu’aucune grande référence parmi les anciens n’a recommandé ce genre de pratiques. D’autant plus que d’après Muslim dans son recueil e-Sahîh, selon Abû Huraïra, le prophète (sur lui la paix) a déclaré : « Ne consacrez pas la nuit du vendredi pour prier ni la journée du vendredi pour jeûner. » Les Hadiths qui parlent de jeûner la journée du vendredi, de prier la nuit des deux fêtes de l’Aïd, (ou le jour de ‘Âshûra) sont de purs mensonges à l’encontre du Prophète, mais certes Dieu Seul sait ! » Majmû’ el Fatâwâ (23/134-135). Voir également : (24/202).
· Fêter la nuit de L’ascension
Trois fêtes uniquement, ornent le calendrier des musulmans ; elles correspondent à l’Aïd (après le Ramadhan), la fête du Mouton, et les trois jours de Mina pour les pèlerins. Telles sont les seules fêtes annuelles. Quant au Jumu’a, il correspond à la fête hebdomadaire. En dehors de ces occasions, toute manifestation religieuse relève de l’innovation. Fêter donc la nuit de L’ascension (du prophète vers le ciel) à Rajab est une innovation.
En effet, beaucoup de musulmans pensent que ce voyage a eu lieu dans la nuit du 27 Rajab. Or le prophète lui-même n’a pas précisé cette date et ne l’a pas fêté non plus, ni lui ni ses compagnons. Ceux qui fêtent cette nuit sont, qualifiés par les Uléma, de purs innovateurs dans la religion. Et innover en religion est strictement interdit.
Sheïkh el islam ibn Taïmiya a fait remarquer : « Rassembler les gens autour d’un repas à l’occasion des deux fêtes, et des trois jours de Mina (Ayâm e-Tashrîq) relève de la Tradition. Cela fait partie des rites de l’Islam que le Messager d’Allah (sur lui la paix) a légiféré aux musulmans. Il convient également d’aider les pauvres en leur offrant à manger pendant le Ramadhan comme le Prophète (sur lui la paix) le confirme :« Quiconque fait rompre le jeûne à quelqu’un aura la même récompense. » Donner à manger aux lecteurs du Coran démunis en vue de les aider est une bonne action à toutes les périodes de l’année. Celui qui les aide participe à leur récompense. Par contre, consacrer des événements en dehors des occasions légiférées comme certaine nuit de Rabî’ el Awwal que l’on considère comme la nuit du Mouloud, ou certaines nuits de Rajab, ou encore le huit Shawwal que certains ignorants nomment Aïd el Abrâr (la fête des vertueux), est une innovation que les anciens n’ont jamais recommandée ni pratiquée, mais certes Dieu Seul sait ! » Majmû’ el Fatâwâ de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya (25/29
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· Reporter le versement de la Zakât à Rajab
En ce qui concerne la Zakât, rien ne prête à dire au regard de la Sunna et de l’usage des anciens qu’il faille la verser au cours de Rajab. Il incombe à chacun de la verser sur les biens qu’il conserve après un an, indépendamment du mois dans lequel il se trouve.
· La prière de ‘Oum Daoud’ la nuit de la mi-Rajab est une innovation.
· Donner l’aumône en faveur des défunts pendant le mois de Rajab est aussi une innovation.
· Toutes les invocations spécifiques à Rajab sont inventées et innovées.
· Le fait de consacrer ce mois pour visiter les cimetières est une innovation, on peut les visiter tout le long de l’année (pas pour les femmes).
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En guise de conclusion nous pouvons dire que le seul texte pouvant être évoqué concernant les mérites de Rajab, c’est le Hadith selon lequel le Prophète (sur lui la paix) a dit : « Ô Allah ! Bénis-nous le mois de Rajab et de Sha’bân et fais-nous parvenir au mois de Ramadhan. » Rapporté par Ahmed (1/259).Ce Propos prophétique est rapporté par Ismâ’îl el Ansârî qui en a fait le commentaire suivant : « Aucune annale concernant les mérites de Rajab n’est authentique en dehors de ce Hadith. » L’authenticité de ce Hadith lui-même est discutable au niveau de la chaîne narrative dont certains éléments sont quelque peu faibles…Latâif el Ma’ârif.
Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !
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